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II - LES SOLUTIONS NATIONALES
A. Que faire lorsque votre (ex)conjoint ou (ex)concubin menace de
déplacer ou de retenir l'enfant à l'étranger ?
La loi du 4 mars 2002 sur l'autorité parentale a renforcé
le principe selon lequel les parents exercent conjointement l'autorité
parentale pendant leur vie commune (qu'il soient mariés ou qu'ils
vivent en concubinage). Elle a également précisé
que cet exercice demeure conjoint après leur séparation.
Il en résulte que chacun des parents est réputé
agir avec l'accord de l'autre lorsqu'il s'agit, notamment, de faire
établir un passeport au nom de l'enfant, inscrire l'enfant sur
son passeport ou l'emmener à l'étranger pour un court
séjour.
Aussi, il est très facile au parent qui souhaite enlever l'enfant
de lui faire franchir la frontière en toute légalité.
C'est pourquoi, il est important que le parent, exposé à
un risque de déplacement, manifeste clairement son opposition
à la sortie de l'enfant du territoire sans son autorisation.
Il est important que certaines mesures préventives soient prises
à cet effet, car il est plus facile de prévenir un
déplacement illicite que d'obtenir le retour l'enfant, une fois
à l'étranger.
1. Vous êtes mariés, vivez en concubinage et partagez
l'exercice de l'autorité parentale, mais vous envisagez de
vous séparer, vivez déjà séparément
et il existe un risque que l'autre parent veuille s'installer à
l'étranger avec l'enfant (le plus souvent dans son pays d'origine):
> Il faut saisir le Juge aux affaires familiales afin qu'il
aménage les conditions d'exercice de l'autorité parentale,
et désigne le parent chez lequel l'enfant aura sa résidence
habituelle, ainsi que les conditions d'exercice du droit de visite
et d'hébergement de l'autre parent.
L'exercice du droit de visite peut être limité au
territoire français lorsqu'il existe un risque sérieux
de non-retour de l'enfant à l'issue de l'exercice du droit
de droit de visite et qu'aucune convention d'entraide, garantissant
le retour de l'enfant, lie la France et l'Etat dans lequel le déplacement
ou le non-retour est pressenti.
A défaut, l'exercice du droit de visite à l'étranger
peut être soumis à certaines garanties : exequatur
préalable de la décision, engagement des représentants
consulaires à l'étranger à garantir le retour
de l'enfant, consignation du passeport, etc.)
Mais il faut préciser que, depuis l'adoption de la Convention
de New York sur les droits de l'enfant, les Etats se sont engagés
à garantir le maintien de relations personnelles et de
contacts directs réguliers entre l'enfant et ses deux parents
séparés, lorsqu'ils résident dans des Etats
différents.
A ce titre, ils se sont engagés à favoriser la libre
circulation des enfants entre les domiciles de leurs deux parents
et à garantir l'exercice de droits de visite transfrontières.
C'est pourquoi, les restrictions à l'exercice du droit de
visite sont utilisées avec précaution par le Juge,
limitées aux seules situations où le risque est avéré
et où l'Etat ne donne aucune garantie pour le retour de l'enfant.
> Il faut demander au Juge aux affaires familiales
qu'il ordonne l'inscription sur le passeport des deux parents :
l'interdiction de sortie de territoire français sans l'autorisation
des deux parents
Le Juge aux affaires familiales peut être saisi à titre
d'urgence par la voie du référé heure à
heure.
En cas de risque imminent, vous pouvez :
> Solliciter une opposition à sortie du territoire
auprès de la Préfecture de votre domicile (Direction
de la réglementation, service des passeports) muni(e) de
votre livret de famille, de votre carte nationale d'identité,
de celle de l'enfant (ou sa copie), d'un extrait d'acte de naissance
de l'enfant et, le cas échéant, de la décision
relative à l'autorité parentale.
En cas d'urgence et de fermeture de la Préfecture, vous
pouvez vous adresser aux services de police ou de gendarmerie les
plus proches et faire confirmer cette demande auprès de la
Préfecture dans les 7 jours.
Attention, cette mesure n'est valable que 15 jours
et son efficacité dépend de votre rapidité
d'intervention et de la précision des informations que vous
serez en mesure de fournir.
Par ailleurs, il n'y a plus de contrôles aux frontières
à l'intérieur de la Communauté européenne
depuis l'instauration de l'espace Schengen (à l'exception
de la Grande-Bretagne). Il en résulte que si le parent est
arrêté dans un pays de l'Espace Schengen, la Police
des Airs et des frontières pourra empêcher le parent
de monter dans l'avion mais ne pourra pas le retenir.
2. Vous exercez l'autorité parentale à titre exclusif,
la résidence habituelle de l'enfant a été fixée
à votre domicile et le droit de visite de l'autre parent est
limité au territoire national, vous pouvez :
> Demander à la Préfecture une interdiction
de sortie de territoire valable un an. Cette mesure est renouvelable
d'année en année
Dans tous les cas, vous devez vous préparer à l'éventualité
d'un déplacement illicite en prenant soin de conserver les
copies : des pièces d'identité, passeports de l'enfant
et de l'autre parent, ainsi que les coordonnées de sa famille
et de ses amis en France et à l'étranger. Vous devez
également apprendre à l'enfant à utiliser le
téléphone afin qu'il puisse tenter de vous joindre
de l'étranger, informer l'école des personnes autorisées
à passer prendre votre enfant.
Malgré ces précautions, il arrive que l'on ne puisse
pas empêcher l'enlèvement de l'enfant. Dans cette hypothèse,
d'autres types de solutions sont alors possibles.
B. Que faire en cas d'enlèvement ?
1. L'enfant n'est pas localisé
Vous êtes mariés, vivez en concubinage ou vous êtes
séparés, mais exercez conjointement l'autorité
parentale et vous pensez que l'enfant est encore sur le territoire
français.
Vous devez :
> Demander une opposition à sortie du territoire
> Saisir le Juge aux affaires familiales afin de faire préciser
la résidence habituelle de l'enfant, les modalités
d'exercice du droit de visite et d'hébergement de l'autre
parent et solliciter une interdiction à sortie du territoire
(en utilisant la voie du référé heure à
heure)
> Prendre contact avec l'ambassade et le consulat de l'Etat
dont votre ex-conjoint est ressortissant afin de savoir si un
passeport a été établi à sa demande
au nom de l'enfant ou si l'enfant a été inscrit
sur son passeport, ou, dans la mesure où l'enfant n'a pas
la nationalité de son parent, si un visa a été
demandé et, le cas échéant, s'ils peuvent
vous informer sur sa destination.
> Déposer une main-courante au Commissariat de Police
> Faire une déclaration à la Brigade des Mineurs
> Saisir immédiatement le Ministère
de la Justice : Bureau de l'Entraide Judiciaire en matière
civile et commerciale, dans la mesure où le pays
où l'enfant est susceptible d'être retenu est lié
avec la France par une Convention d'entraide judiciaire internationale
(pour la liste, voir ci-dessus).
Dans le cas inverse, saisir le Ministère des affaires
étrangères : Sous-direction de la Coopération
Internationale en Droit de la Famille, 244 bd Saint-Germain
75303 Paris 07 SP Tél : 01 43 17 89 02 Fax :01 43 17 93
44.
Vous exercez seul(e) ou conjointement l'autorité parentale
mais êtes titulaire d'une décision judiciaire ayant fixé
la résidence habituelle de l'enfant à votre domicile
:
Vous pouvez, en plus des démarches précédentes,
porter plainte auprès :
> du Procureur de la République (Tribunal de grande instance
de votre domicile) et
> du Doyen des Juges d'Instruction avec constitution de partie
civile auprès du Tribunal d'instance de votre domicile.
2. L'enfant est localisé
Vous devez immédiatement saisir le Ministère
de la Justice - Bureau de l'Entraide Judiciaire en matière
civile et commerciale, si le pays où l'enfant est retenu est
lié avec la France par une Convention d'entraide judiciaire
internationale.
S'il n'existe pas d'accord d'entraide entre les Etats, saisissez
le Ministère des affaires étrangères.
Dans tous les cas, il est recommandé de vous rapprocher d'une
association ou de prendre conseil auprès d'un avocat spécialisé.
Ils pourront utilement vous assister et, le cas échéant,
entamer les démarches en votre nom, vous représenter
auprès du Bureau de l'Entraide Judiciaire en matière
civile et commerciale, ou se rapprocher de l'avocat de votre ex-conjoint
ou concubin afin d'essayer d'obtenir le retour amiable de l'enfant.
Quand toutes les démarches ont échoué, que l'enfant
a été enlevé depuis plus d'un an et qu'il n'a
pas été possible d'obtenir son retour judiciaire, ou
que le pays dans lequel il est retenu n'est pas lié avec la
France par une convention d'entraide judiciaire internationale, vous
pouvez saisir :
La Mission d'Aide à la Médiation Internationale
pour les Familles (MAMIF) 92, rue de Richelieu, 75002 Paris, Tél
: 01 42 92 07 10 Fax : 01 42 92 05 15.
Cette autorité, qui dépend du Ministère de la
Justice, a pour mission de rechercher une solution amiable. Elle peut
notamment intervenir pour tenter de rétablir le dialogue entre
les parents et favoriser l'exercice d'un droit de visite et d'hébergement.
Le Bureau de l'Entraide Judiciaire en matière civile et commerciale
et le Ministère des affaires étrangères peuvent,
le cas échéant, faire appel à cette autorité
lorsqu'ils viennent d'être saisi d'un dossier afin de favoriser
une solution amiable. Ils peuvent également faire appel à
elle en dernier lieu lorsque tous les moyens légaux ont échoué.
La Mission d'Aide à la Médiation Internationale pour
les Familles gère actuellement une centaine de dossiers avec
l'aide de deux magistrats, d'une assistante sociale et prochainement
d'une psychologue.
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