CONCLUSION


Des progrès importants ont été réalisés depuis une vingtaine d'années dans la lutte contre les enlèvements internationaux d'enfants.

Les autorités publiques, le Bureau de l'Entraide Judiciaire en matière civile et commerciale en particulier, occupent une place essentielle dans le dispositif mis en place.

Mais leur action doit être prolongée, sur le plan individuel, par une meilleure information des parents des moyens juridiques mis à leur disposition pour prévenir un déplacement éventuel de l'enfant.

Il arrive que le déplacement de l'enfant à l'étranger ne puisse pas être évité.

Dans cette hypothèse, il est nécessaire que les parents puissent réagir immédiatement en recueillant les conseils de professionnels qualifiés.

Ils doivent par ailleurs saisir le Ministère de la Justice ou, le cas échéant, le Ministère des Affaires Etrangères le plus tôt possible afin de maximiser les chances de retour de l'enfant.

Il faut préciser que les dispositifs existants pour lutter contre les déplacements illicites n'ont pas pour objectif de consacrer un repli des Etats sur eux-mêmes en empêchant toute modification de la résidence habituelle de l'enfant, en cas de séparation des parents.

Ces dispositifs visent simplement à obliger les parents à se mettre d'accord sur les conséquences de leur séparation à l'égard de leur enfant, en fixant en commun sa nouvelle résidence et, à défaut d'accord, en saisissant le juge de la résidence habituelle qui rendra une décision conforme à l'intérêt de l'enfant.

L'objectif est d'éviter que les parents puissent unilatéralement, et en toute impunité, modifier la résidence habituelle de l'enfant sans s'assurer que ce changement préserve suffisamment ses intérêts.

Il vise à empêcher que le parent puisse ainsi faire échec à la compétence des autorités de la résidence habituelle de l'enfant, censée avoir été choisie d'un commun accord par les parents avant qu'ils se séparent.

Enfin, il faut ajouter que l'ouverture d'une procédure judiciaire doit être décidée en dernier recours. De fait, les instruments internationaux invitent généralement les autorités centrales à rechercher une solution amiable au conflit familial dont elles sont saisies.

La recherche d'une solution amiable est la clé d'un maintien des relations personnelles et des contacts directs réguliers entre l'enfant et ses deux parents, comme le préconise la Convention de New York sur les droits de l'enfant. Car, dans ce domaine, l'intérêt de l'enfant doit prévaloir sur l'intérêt des parents, quels que soient leurs ressentiments respectifs.

 

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