SI VOTRE "EX" A
DISPARU : Comment recouvrer les créances alimentaires ?
Laurence BRUNET
AVOCATE au Barreau de LILLE
Spécialisée en Droit des Personnes et
Droit de la Famille
Membre de l'Association Nationale des
Avocats Spécialistes en Droit de la Famille
48, av. du Peuple Belge
BP 4
59009 Lille Cedex
E-mail : lbrunetpotie@yahoo.fr Tél. : 03.28.36.27.00 - Fax. : 03.28.36.27.17
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A la suite d'un jugement de divorce, de séparation de corps ou
de biens, de contribution aux charges du mariage ou de toute autre décision
en justice, le Juge aux Affaires Familiales a -décidé :
• Que votre "ex" devait vous verser une pension alimentaire
pour l'entretien et l'éducation du ou des enfants qui ont leur
résidence habituelle à votre domicile,
• Qu'il devait s'acquitter d'un devoir de secours,
• Qu’il devait vous payer une contribution aux charges
du mariage,
• Ou qu'il devait vous régler une prestation compensatoire
sous forme de rente.
A ) CELUI-CI NE PAYE PAS QUE FAIRE ?
Vous disposez de tout un arsenal juridique pour récupérer
jusqu'au dernier centime.
I - Le paiement direct
Vous pouvez demander le paiement direct par l'employeur ou par la banque
de votre débiteur sur simple demande faite à un huissier
de justice de votre domicile
(loi n°73-5 du 2 JANVIER 1973 et loi n°75-618 du 11 JUILLET 1975).
Cette procédure vous permet d'obtenir le paiement des sommes exigibles
pour les années à venir mais aussi celles des 6 derniers
mois.
L'huissier avise officiellement le tiers (employeur, banque) et le débiteur
par lettre recommandée avec demande d'avis de réception
de la demande de paiement direct.
Le paiement direct est le moyen le plus simple et le plus rapide de recouvrer
les pensions.
II - La saisie attribution
L'huissier peut également saisir les comptes bancaires du débiteur,
notamment s'il n'est pas salarié.
III - Le recouvrement par le Trésor Public
Vous pouvez saisir le service du Trésor Public qui vous avancera
le règlement des pensions et se chargera ensuite de recouvrer pour
son compte les pensions dont il a fait l'avance.
Conditions indispensables pour entamer cette procédure :
> Avoir essayé vous-même de récupérer
ces pensions et ne pas y être parvenu.
> Adresser lettre recommandée avec demande d'avis de réception
au Procureur de la
République du Tribunal de Grande Instance de votre domicile.
> Joignez-y le jugement vous octroyant une pension alimentaire,
les justificatifs de vos
tentatives infructueuses d'obtenir le paiement de ces pensions (procès-verbal
de saisie vente
infructueuse, saisie sur compte bancaire infructueuse…), ainsi
que tous les renseignements
concernant le débiteur.
Le Trésor Public peut ainsi récupérer les pensions
alimentaires des 6 mois précédant la date de la demande
et les pensions à venir.
Ces trois moyens sont inefficaces si le débiteur n'est pas salarié
ou si on ne connaît pas l'adresse de son employeur ou les coordonnées
de sa banque.
B ) CEPENDANT, VOTRE "EX" N'A PAS DONNE SON ADRESSE
:
I - Le recouvrement par les Caisses d'Allocations Familiales
Si vous remplissez les conditions pour percevoir l'allocation de soutien
familial, la Caisse d'Allocations Familiales vous versera, à titre
d'avance, cette allocation.
Elle récupèrera ensuite auprès de votre ex époux
les sommes avancées.
II - La plainte au pénal
Enfin l'échec de ces différentes procédures peut
rendre nécessaire une sanction pénale.
Le non-paiement de la pension alimentaire fixée par le Juge aux
Affaires Familiales est en effet un délit (article 227-15 du nouveau
Code Pénal) dès lors qu'elle n'a pas été versée
pendant plus de deux mois à la personne à qui elle est due.
Sachez également :
1 - Que l'absence de notification du changement de domicile est puni
par l'article 227-4 du Code Pénal de six mois d'emprisonnement
et de 50.000.00F. =) 7.622.45 € d'amende ainsi que des peines énoncées
à l'article 227-29 du Code Pénal pour toute personne qui,
tenue aux obligations énoncées à l'article 227-3,
se sera abstenue de notifier son changement de domicile au créancier
dans le délai d'un mois à compter de ce changement.
2 - Que la CAF peut vous verser, sous certaines conditions, l'allocation
de soutien familial qui est prévue pour tout enfant dont le père
ou la mère se soustrait à son obligation d'entretien ou
au versement d'une pension alimentaire mise à sa charge par décision
de justice.
L'allocation n'est attribuée qu'après que le parent défaillant
ait cessé de contribuer à son obligation d'entretien pendant
deux mois consécutifs.
Le droit est alors ouvert rétroactivement à compter du
1er jour du mois qui suit cette première défaillance.
3 - Que certains organismes sont tenus de vous communiquer son adresse
ou celle de son employeur.
Ce sont :
- L'Administration Fiscale,
- La Sécurité Sociale,
- Le Service des Recherches dans l'intérêt des familles,
il faut alors s'adresser à la Préfecture de votre domicile,
- Le Fichier National des comptes bancaires ou encore les Fichiers
Départementaux des cartes grises.
Il faut savoir que l'article 7 de la loi du 2 JANVIER 1973 met à
la charge des Administrations ou des Services de l'Etat, des Collectivités
Publiques, des Organismes de Sécurité Sociale et des Organismes
assurant la gestion des prestations sociales, une obligation active
de renseignements sur le débiteur de la pension alimentaire.
En outre,
L'article L 111-II du livre des procédures fiscales peut être
invoqué pour faciliter les recherches de l'huissier.
Ainsi, grâce à cette obligation de renseignements, l'huissier
peut utilement consulter l'Administration Fiscale, les Services de Recherche
dans l'intérêt des familles, les Organismes de Sécurité
Sociale, l'URSSAF, les Services des Postes.
Les tiers débiteurs étant soumis à cette même
obligation (article 7, alinéa 3 de la loi du 2 JANVIER 1973),
l'huissier peut être informé sur la situation du débiteur
d'aliment par les établissements bancaires, les services financiers
de la Poste ou de la Caisse d'Epargne.
Au fil des années, plusieurs mécanismes législatifs
plus comminatoires les uns que les autres se sont surajoutés parce
qu'il est intolérable et injustifiable que ces pensions dites "alimentaires"
ne soient pas payées.
Déjà l'ancien droit énonçait "qui fait
l'enfant doit le nourrir".
La nouvelle loi du 4 mars 2002 dont l'objectif est d'instaurer une véritable
co-parentalité, va sans doute permettre une évolution des
mentalités relativement à l’obligation alimentaire
de chacun des parents. Le Code Général des Impôts
prévoit même que seront également déductibles
les pensions servies à l’amiable.
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