Les nouveaux célibatairesQui
sont les nouveaux célibataires de + 35 ans ? L’INSEE
indique qu’il y a en France 18 millions de célibataires au sens large,
c’est à dite avec les concubins, les pacsés… qui ne sont pas mariés
et les jeunes célibataires qui vivent chez leurs parents. Elle a chiffré aussi
que 7,5 millions de personnes vivent seules dans leurs logements (25%
des foyers), ce qui ne tient pas compte des foyers monoparentaux. Après
analyse et recoupements, ce serait environ 30 % des 31 millions de
foyers qui seraient occupés par une personne seule ou avec ses enfants,
soit 10 millions de personnes. il y aurait environ 7 millions d’adultes « célibataires » entre
35 et 60 ans. Globalement,
il y a plus de femmes seules que d’hommes car : -
il y a plus de naissances masculines mais il y a vieillissement de
la population (les jeunes garçon ne sont pas assez nombreux pour compenser
le nombre croissant de femmes âgées). -
la mortalité est plus précoce chez l’homme, d’où une espérance de vie
plus longue pour les femmes (84 ans pour 77). Il
y a donc beaucoup de femmes âgées seules Les
hommes vivant seuls sont nombreux en zone rurale alors que les zones
urbaines accueillent plutôt les femmes seules. Les
jeunes célibataires qui n'ont pas encore fondé une famille vivent une
triple pression : celle des hormones qui poussent à la conception
d’une famille, celle de la société et de la famille qui vénèrent le
couple puis les naissances et enfin la crainte fréquente de la solitude. Pourtant,
l’accroissement du nombre des séparations va de pair avec l’augmentation
inexorablement et régulièrement du nombre des nouveaux célibataires
(après une expérience de vie commune). A
25 ans, 80 % des filles étaient mariés en 1945. Elles sont maintenant
une petite minorité et le mariage ne marque plus le passage à l’âge
adulte. Les
jeunes adultes se réalisent personnellement et professionnellement
avant de concevoir un foyer familial et cette quête n’est plus essentielle.
Le fait que les femmes travaillent leur donne aussi une autonomie qui
leur évite de chercher à me marier tôt. Les moeurs, enfin, ont changé et
il est possible d’avoir une vie épanouie avant le mariage, ce qui était
inconcevable il y a encore 50 ans. D’ores
et déjà, Paris compte plus de célibataires que de personnes en couple et
le phénomène se répand dans les grandes métropoles. Il
y a une grande différence entre les célibataires qui repoussent l’âge
de la vie en couple mais espèrent en général rencontrer celui ou celle
avec qui ils fonderont un foyer heureux, et les nouveaux divorcés qui
viennent de diviser leurs capital en deux pour partir, chacun de leurs
cotés, vivre une nouvelle expérience. Il
faut tenir compte du fait que les couples ne se séparent plus parce
que l’un des deux a un amant ou une maîtresse. Dans 80 % des cas, ceux
qui se séparent n’ont pas d’aventure extra conjugale et font surtout
le choix de ne plus vivre ensemble. Il
apparaît de plus une tendance à mener plusieurs vies de famille au
sein de plusieurs couples qui, dans le meilleurs des cas, sauront cohabiter
tout au long de la vie adulte, comme il est fréquent de mener plusieurs
carrières professionnelles. Il
y a succession de vies célibataires et maritales ou en concubinage
avec des familles recomposées qui forment des ensembles de noyaux autour
desquels gravitent pièces rapportées et enfants de parents divers. Nous
voyons donc depuis 40 ans une évolution majeure dans la composition
de la société et des foyers. Même
si le modèle reste le couple, voire la famille « 2 + 2 »,
les célibataires s’assument de plus en plus et ne sont plus prêts à tout
pour se caser. Après une période de vie commune, ils savent même plutôt
ce qu’ils veulent et ne veulent plus, ce qui peut rendre leurs critères de
choix plus difficile ! Attention,
ce nouveau comportement n’est pas la conséquence d’un individualisme
exacerbé mais d’une volonté de vivre à deux sur un modèle différent. La
succession de séquences de vie conjugale est accompagnée d’histoires
d’amour très fortes, intenses et vécues à 200 % ! C’est
le couple qui est le centre de la relation et non la famille. Il convient
donc de rester vigilant aux attentes des enfants, quand il y en a,
pour qu’ils ne soient pas les simples spectateurs oubliés d’un ballet
au sein duquel ils n’auraient aucune place. Pourtant,
le nouveau célibataire va parfois jusqu’à se poser la question de l’intérêt
de la vie de famille. La
solitude choisie et le fait de ne pas être contraint donne une liberté quasi-totale à ceux
qui ont du pouvoir d’achat et en profitent pour voyager ou vivre des
aventures amoureuses sans engagement, ce qui arrange parfois les deux
partenaires. Des
clubs, des prestataires de service, des voyagistes, des sites internet
mais aussi des restaurants, des supermarchés et des industriels ont
bien compris les attentes de ces consommateurs et tentent d’y répondre
au mieux. La
rédaction web des Echos a
abordé le 9 septembre 2005 une étude TNS Secodip sur
les comportements d'achat de ces célibataires de + 35 ans. "Résultat
: beauté, forme, soin du corps et... entretien du linge constituent
leurs segments préférés. Ainsi,
les femmes surconsomment les produits de maquillage (+ 20 %), de coloration
(+ 15 %) et de soins pour les cheveux (+ 12 %), mais aussi de produits
pour le corps. « On note un souci de paraître et de plaire. Ces femmes
sont préoccupées par leur apparence et l'aspect extérieur des choses »,
dit Isabelle Kaiffer, de TNS Secodip. Côté alimentation,
leur spécificité se fixe sur les compléments alimentaires, consommés
deux fois plus que dans les foyers traditionnels, traduisant là encore
un souci porté à l'apparence. Elles achètent également plus de jus
de fruit frais, de substituts de repas, de barres céréalières et consomment
moins de corps gras. Enfin, elles préfèrent le thé au café. Le temps
passé en cuisine étant réduit, « en raison notamment de la difficulté à partager
les tâches et du nombre plus important de femmes qui travaillent à temps
plein (83 % contre 64 % pour les autres familles) », elles achètent
plus de produits alimentaires nécessitant peu ou pas de cuisine, ou
que les enfants peuvent consommer lorsqu'ils sont seuls. Au palmarès,
pizzas et plats cuisinés frais (+ 16 %), salades préparées en conserve
(+ 23 %), plats déshydratés (+ 32 %), steaks hachés surgelés (+ 25
%) mais aussi pain de mie pour sandwichs. Par ailleurs, cette population fréquente trois fois plus les restaurants et cinémas que la moyenne française.
Il est donc très net que ces célibataires ont besoin de gagner du temps, de plaire ou de se tenir en forme et de trouver hors domicile des loisirs pour occuper ou utiliser le temps disponible. Les publicitaires, en particulier pour les plats cuisinés, commencent à oser montrer des célibataires ou des monoparentaux sur le point de recevoir.
Laurent
Bavière |
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